PAMELA HUTE
D’abord, il y a douze chansons, c’est-à-dire peu de chose, ou autant de fragments d’éternité, c’est selon. Un rythme tressautant, aussi, et une voix doublée par une profonde mélancolie. Un chant de mystère, en fait, qui s’avance masqué, l’air de ne pas y toucher, et c’est pour cela qu’il nous touche. On dira : une voix blanche, pour des nuits qui le sont tout autant. Plus loin, il y a la gerbe d’étincelles de purs moments électriques, et une batterie têtue qui part en guerre contre la guitare, pour mieux l’épouser au détour d’un refrain. Et plus loin encore, surgissent des synthétiseurs comme des boîtes de Pandore, nourrissant les chansons de sons inouïs, grondements, gargouillis, et nappes étranges. Le temps de vivre l’économie de moyens, l’essentiel qui est dit sans effets superfétatoires, et on embarque dans les mélodies : on est chez PAMELA HUTE.
SHAKA PONK
Shaka Ponk est né entre Paris et Berlin au début des années 2000 d’un concept associant musique, images et activisme. C’est aujourd’hui un groupe à part entière qui s’inscrit dans la lignée d’un rock alternatif pugnace et volontiers bruitiste initié par Rage Against The Machine. Quoique fausser compagnie aux étiquetages soit une autre de ses caractéristiques. Pour Shaka Ponk il ne saurait y avoir en effet de meilleure stratégie pour exprimer ce qui lui tient à coeur que d’utiliser à son profit, quitte à les détourner, les prouesses de la machine, qu’il s’agisse de sons optimisés par l’informatique ou de l’usage de personnages virtuels. Mais Shaka Ponk c’est aussi, et avant tout, une aventure collective. Sans elle, la musique de leur second album Bad Porn Movie Trax, le premier à paraître sur le tout nouveau label rock de Tôt ou Tard, Guess What!, n’aurait pu atteindre une telle cohérence, se rendre aussi percutante, ni s’armer d’un tel charme. De cette aventure, voici l’essentiel…
WAVE MACHINES
Wave Machines est un groupe d’hurluberlus anglais qui réussit l’exploit de la double vague, l’effet Kiss Cool : "Wave" dans le patronyme et dans le titre de son album. Une merveille au long cours qui est partie en guerre ouverte contre le vague à l’âme : Wave If You’re Really There. Un premier album aux allures insolentes de best-of, compilation de mille intentions, propositions et diversions, jamais crâneuses, vaines ou stériles : strictement au service de chansons dont on sent bien qu’elles tiendraient encore fièrement debout débarrassées de leurs prodigieux et insolites arrangements, délivrées de leur amusante cuirasse pour n’être jouées qu’à la guitare sèche, voire au kazoo.





